Après une rentrée bien chargée et des problèmes de serveur (pour changer), je trouve le temps et l’envie et la possibilité technique d’écrire ce dernier article, et de donner mon impression a posteriori sur ce séjour de quatre mois.
La première chose que je dirais, c’est que j’adore la langue japonaise, et qu’une grande partie du plaisir de ce voyage a été liée à pratiquer enfin cette langue que je n’avais apprise presque que de manière théorique jusqu’ici. J’ai appris un peu de vocabulaire bien sûr, mais j’ai surtout gagné en fluidité et en compréhension. Et quel plaisir de parler et d’entendre cette langue au quotidien… cela me manque à présent.
Mes meilleurs souvenirs sont sans doute liés au chant choral dans le club de cantates de Bach de Geidai, et dans l’ensemble Harmonia. Le premier est un choeur lié à l’université des Arts de Tokyo (Geidai) : presque tous les membres étudient à Geidai, mais pas nécessairement le chant. Il existe depuis plusieurs dizaines d’années, mais ses membres changent très souvent puisque la plupart ont entre 20 et 30 ans. La répétition qui m’a le plus marqué est probablement celle où Hidemi Suzuki était invité (c’est le frère de Masaaki Suzuki, un chef d’orchestre apparemment très connu au Japon, notamment justement pour ses interprétations des cantates de Bach). Harmonia existe depuis à peu près 3 ans, c’est un choeur plus homogène (presque tous ses membres prennent des cours de chant) et plus sérieux. Il cherche à se professionnaliser, mais pour l’instant, ce sont les membres qui payent beaucoup : par exemple, tous ceux qui sont allés en France pendant une semaine pour passer le concours de la ville de Tours (qu’ils ont remporté) ont dû payer de leur poche leur billet d’avion. Ses qualités et ses défauts étaient différents de ceux du choeur dans lequel je chante en France, c’était donc une expérience intéressante pour moi de ce point de vue ; et d’autre part, chanter dans un choeur est assurément un excellent moyen de progresser dans une langue. L’ambiance était très agréable.
Mis à part cela, j’ai d’excellents souvenirs des journées de tourisme avec des amis. Mais aussi des fameuses « nomikai », soirées où l’on va manger et boire dans un restaurant en se ruinant un peu (souvent autour de 30 euros, contre une petite dizaine d’euros pour un restaurant habituel), mais la qualité des nombreux petits plats que l’on se partage est au rendez-vous. De manière générale, je peux dire que j’ai vraiment bien mangé pendant ces quatre mois, que ce soit au restaurant ou chez moi : c’est vraiment agréable de découvrir une cuisine si différente de la nôtre, même si je ne la trouve pas particulièrement meilleure en elle-même (je suis bien content d’avoir retrouvé la cuisine française en rentrant).
En ce qui concerne les cours de Todai, j’ai été complètement convaincu par les cours de japonais, où les profs étaient très compétentes ; un peu moins par les cours de maths qui manquaient peut-être pour certains un peu de clarté, même si j’ai tout de même appris beaucoup de choses.
J’ai eu le sentiment d’être très bien accueilli, en particulier par les membres du choeur Harmonia mais aussi partout ailleurs. Même si de nombreux Européens vivent au Japon, les personnes au visage occidental restent très rares dans la vie quotidienne, beaucoup plus rares que les asiatiques en France, ce qui explique sans doute cette grande curiosité dont les Japonais font preuve. Mais l’obstacle de la langue restait bien réel à certains moments : j’avais toujours du mal à m’intégrer aux conversations de groupes, et comme ma conversation était moins fluide qu’en français, je savais moins de choses sur les gens que je n’aurais pu le savoir si nous avions parlé la même langue.
Malgré tout cela, lorsqu’on me demande si j’ai envie de vivre au Japon, je réponds que pour l’instant ce n’est pas le cas. La plupart des choses qui m’ont plu étaient surtout liées à la découverte et perdraient leur intérêt en devenant une routine. Peut-être aussi que je n’aime pas le fait que les Japonais aient plus que nous tendance à considérer le travail comme le centre de leur vie. Cela a certes des avantages : comme les Japonais travaillent plus, les services (transports, propreté de la ville, administration, commerces) fonctionnent beaucoup mieux qu’en France, mais de ce point de vue, il vaut peut-être mieux être touriste que vivre là-bas. En ce qui concerne Tokyo, je la trouve trop grande : deux heures pour l’aller-retour à Geidai ou aux cours de japonais, partagés en une heure de marche et une heure de métro, c’est beaucoup ! Et je préfère l’ambiance des villes plus petites, avec moins de foules. Enfin, le principal défaut du Japon, c’est tout de même d’être loin de la France… mais c’est grâce à cela qu’il est si différent de chez nous, et donc si passionnant.
Merci à tous ceux qui m’ont lu, en partie ou en totalité, c’est en tout cas avec grand plaisir que j’ai pris le temps de tenir ce blog !


























